écriture adulte

Le cours de l’histoire a vu souvent des migrations de population. Notre histoire actuelle nous fait vivre cette réalité. Et nous devons donc trouver les réponses adaptées aux problématiques rencontrées.

Nous avons commencé par faire du soutien scolaire avec un jeune garçon éthiopien de 8 ans, en grande difficulté scolaire. Comportement difficile lié au traumatisme de la guerre, comportement mal supporté par l’institution scolaire. Finalement, une petite école privée de quartier a su le prendre en charge et rassurer ses peurs.

Les rencontres de cet enfant par l’AEEM (1) à domicile nous ont fait connaitre une maman très impliquée pour la scolarité de ses enfants, mais qui n’a jamais elle-même été à l’école ! La scolarisation du petit dernier nous donne l’opportunité de lancer « l’école des Mamans ».  Les Mamans se passent le mot, et les voilà réunies pour apprendre à lire, motivées à l’idée de pouvoir elles-mêmes lire les cahiers de leurs enfants !

La première difficulté rencontrée est celle des sons de la langue française : beaucoup de nos phonèmes sont inconnus, et il faut donc, comme prérequis absolu, les mettre « dans l’oreille » et « dans la bouche » de nos apprenants. Il est intéressant de chanter, de faire répéter, de chercher dans la langue d’origine des mots à la sonorité approchante, etc.

Les cours de français aux étrangers doivent tenir compte du fait que certains d’entre eux ne sont jamais allés à l’école et n’ont jamais tenu un crayon. Donc donner une feuille avec des lignes et des mots à écrire en disant : »essaye », ça ne peut rien donner ! Je dis cela parce que je l’ai vu ! Certains ont « juste » à apprendre une langue étrangère, d’autres doivent apprendre à lire et à écrire, donc comprendre ce que c’est que lire et écrire, et cela dans une langue étrangère. Notre association proposant l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, nous pouvons parfois être amenés à donner en même temps des cours de français.

Nous utilisons les mêmes outils que pour les enfants : pour entendre et distinguer les mots, nous apprenons à compter les syllabes, nous apprenons les phonèmes, puis les syllabes. Les principes sont toujours les mêmes : on ne lit que ce que l’on sait déchiffrer, on cherche toujours le sens de ce que l’on a lu.

(1) N’hésitez pas à visiter le site de cette association !