isabelle peretz 2

Isabelle Peretz (1) explique dans un livre très abordable comment l’apport des neuro-sciences précise l’importance de la musique dans l’apprentissage de la lecture.(2)

Avec une méthode qui préconise le chant et le rythme pour apprendre à lire et à écrire, le blog « lire-écrire-chanter » ne peut rester indifférent à une telle réflexion.

Extraits:

« Musique et lecture »

« Qu’il s’agisse de mots ou de notes, l’apprentissage de la lecture repose sur l’association de symboles visuels à des sons. La lecture musicale est donc similaire à bien des égards  à la lecture de mots. Néanmoins, ce n’est pas la lecture des notes qui faciliterait la lecture de mots. La recherche actuelle cible le rythme comme facilitateur de l’acquisition de la lecture alphabétique.

L’enseignement des rudiments de la musique à des enfants de 8 ans pendant six mois, à raison  d’un cours par semaine, améliore les résultats en lecture des mots par rapport à ceux qui reçoivent des leçons de peinture à la même fréquence. Ces cours de musique sont inspirés des méthodes Kodaly et Orff, qui ne recourent pas à la lecture musicale. Ce n’est donc pas l’apprentissage de la traduction d’un symbole visuel en un élément sonore qui explique l’avantage de l’apprentissage de la musique sur la lecture.

Ce serait l’aspect rythmique de ces méthodes sui serait déterminant. En effet, une intervention axée sur le rythme, comme la marche au rythme d’une chanson, auprès de jeunes lecteurs en difficulté améliore les résultats en lecture. Les résultats ont montré que plus l’enfant s’améliore dans sa synchronisation au rythme de la musique, meilleurs sont ses progrès en lecture. Ce type d’intervention serait aussi efficace que les méthodes traditionnelles, qui s’attaquent aux sons du langage (la phonologie) et tablent sur l’apprentissage de l’association entre graphèmes et phonèmes, et l’apprentissage des rimes.

L’idée d’utiliser le rythme de la musique pour faciliter la lecture chez l’enfant dyslexique découle du constat que le dyslexique éprouve souvent des difficultés à discriminer les rythmes et à se synchroniser à la musique. l’hypothèse actuelle, défendue indépendamment par Usha Goswami de l’Université de Cambridge et Nina Kraus de l’Université Northwestern, est que la difficulté rythmique du dyslexique s’applique à tout ce qui est d’ordre temporel, du rythme de la musique à la discrimination temporelle fine des sons du langage. En effet, la discrimination de consonnes, comme le T et le D, exige une résolution temporelle fine (de l’ordre de 70 millisecondes). Une alternative serait que le rythme de la musique amène l’enfant à porter plus attention à la discrimination des sons, peut-être parce que l’activité est plus amusante.

Faire de la musique favorise donc les apprentissages scolaires. »

(pages 35 et suivantes)

Si ce sujet vous intéresse, vous êtes au bon endroit sur ce blog : en effet, le rythme occupe une grande place dans les apprentissages de la lecture et de l’écriture que nous proposons, grâce aux travaux de Théa Bugnet.

notes de musique

(1) Isabelle Peretz est titulaire d’une chaire de recherche en neuro-cognition de la musique à l’Université de Montréal.

(2) « Apprendre la musique, nouvelles des neurosciences » Isabelle Peretz, Editions Odile Jacob – mai 2018 – 158 pages