Théa Bugnet (+1951) n’a pas laissé d’écrit, Annie Boon, institutrice montessorienne, à Bréda (Pays Bas) a adapté pour sa classe les principes de Théa Bugnet, qu’elle avait rencontrée et que l’on voit au piano dans la classe, sur les films de Madame Gasque.

Un peu plus tard, en 1953, Simone Pailla a mis par écrit les exercices du Bon Départ. Dix ans plus tard, la « Revue psychologique », éditée à Bruxelles, présentait la Méthode Bon Départ.

C’est à partir de ces travaux que nous vous présentons ici une trame pour mener une activité, une leçon « Bon Départ ». Il ne s’agit que d’une trame pour aider les ‘débutants’, vous saurez très vite l’abandonner pour suivre votre « feeling ». Vous trouverez dans l’article « quelques principes de base pour bien comprendre la méthode Bon Départ » de quoi approfondir le côté pratique proposé ici.

Les enfants doivent avoir assez d’espace pour évoluer sans se gêner.

Prévoir le matériel :

  • instruments de musique (clavier pour l’enseignant, s’il sait en jouer, mais non obligatoire, tambourin, claves, maracas … pour les enfants.)
  • un coussin de sable par enfant
  • papier en fonction de l’âge : blanc, ligné, cahier de graphisme 1 ou 2, ou d’écriture.(cliquer pour tuto fabrication)

La leçon a pour support une comptine déjà bien connue des enfants, apprise la veille, par exemple. Vous trouverez les figures dans le guide pédagogique, et des partitions sont proposées sur ce blog.

1/ Debout:

Les enfants sont debout, tous face au tableau. Si l’activité se fait dans la salle de classe où les tables sont en U, prévoir l’installation de sorte que tous les enfants soient face à vous. Vous allez travailler ‘en miroir’ face aux enfants: quand vous proposez une activité de la main droite, vous la faites face à eux de la main gauche, ceci en raison de la latéralisation qui n’est pas complète vers 5/7 ans. Si vous n’en avez pas l’habitude, entrainez-vous devant un miroir !

Face aux enfants, vous travaillez en miroir, mais leur geste est le reflet du vôtre. Si leur mouvement graphique est inexact, imparfait, inharmonieux…c’est qu’ils accentuent votre manque de précision ou votre propre raideur.
Simone Pailla (Le Bon Départ- Le Livre du Maître)

Les enfants et vous même chantez joyeusement, tandis que de leurs mains ou avec les instruments, les enfants battent le rythme, marchent en cadence, puis, quand vous sentez les enfants bien à l’aise avec le rythme, vous proposez le geste du jour, qui est tracé soigneusement en grand sur le tableau. Les enfants suivent alors vos consignes : main droite, main gauche, deux mains ensemble, idem les yeux fermés, pied droit, pied gauche, tout en suivant des yeux la figure tracée, ils la tracent en grand devant eux, verticalement, dans l’espace, ou de leur pied au sol . L’enseignant observe l’aisance, la souplesse, la précision et l’ampleur du geste sur le rythme. Veiller à ce que les enfants ne se fatiguent pas.

2/ Assis : rien sur la table

Les enfants s’asseyent à leur table. Celle-ci est intégralement vide. Les enfants commencent par suivre des yeux la figure tracée au tableau, puis, en chantant, les enfant tracent de l’index,- les autres doigts étant ouverts et non crispés – la figure tracée au tableau. Ils refont la figure de la main droite, de la main gauche, des deux index ensemble, puis les yeux fermés. (1)

Un ou deux enfants peuvent aussi repasser du doigt la figure du tableau, si on peut la proposer à leur hauteur et d’un format un peu plus petit.

La figure est mémorisée « corporellement », elle est intériorisée, on passe alors au tracé écrit.

3/Assis, avec crayon ou craie, papier ou ardoise

En fonction du développement moteur de l’enfant, il prend un outil scripteur (craie, éponge, feutre, crayon) et suit les consignes selon qu’il fait un tracé libre, un exercice du cahier de graphisme 1 ou 2. Pendant cet exercice, on ne chante plus, l’enfant trace à son rythme l’image intériorisée et mémorisée corporellement. « Qui conduit ta main? » – Mes yeux ! répond l’enfant. En effet, la main écrit guidée par les yeux, ce qui permet un tracé suivi sans lever le crayon.

A aucun moment l’enfant ne repasse un tracé pointillé. Le tracé qu’il produit est le sien propre, son écriture venue du fond de lui-même, pas la crispation sur le tracé de quelqu’un d’autre.

Autre activité à prévoir à un autre moment, à un retour de récréation par exemple :

Travail de la main, de latéralisation, de rythme, travail des deux hémisphères cérébraux : tout cela se fait grâce aux exercices au coussin de sable. Vous trouverez dans ce blog comment faire les coussins de sable, et les vidéos des exercices créés par Théa Bugnet.

Il n’est pas très facile d’expliquer par écrit ce qui se vit en chantant et en bougeant. Les stagiaires ayant suivi la formation retrouveront ici une trame qui peut les guider, ceux qui sont intéressés sont vivement invités à venir en formation pour mettre en pratique ce qui est difficile d’expliquer dans un écrit… Voir la vidéo de Célestin.

(1) Un enfant qui peinerait à mémoriser la figure sera aidé avec un tracé dans un bac de sable, activité toujours très aimée par les enfants.